Expériences de mort imminente : que révèlent 40 ans de recherches scientifiques ?


Si, comme moi, vous vous posez des questions sur la survie de l'âme après la mort, vous savez combien il est difficile d'évoquer ce sujet autour de soi. C'est un sujet tabou, et les interrogations les plus profondes restent souvent sans réponse.


Dans le premier article de cette série, nous avions démarré cette exploration avec la réincarnation, au travers de 50 ans de recherches scientifiques. Nous allons maintenant explorer un domaine très proche, mais qui va encore plus loin dans le mystère : celui des expériences de mort imminente.


Je vais partager avec vous, de façon simple et synthétique, les informations les plus percutantes issues d'une quarantaine d'années de recherches scientifiques. Si vous n'êtes pas coutumier de ces questions, vous pourriez être très surpris par ce que vous allez lire.


Qu'est-ce qu'une expérience de mort imminente ?


C'est une expérience vécue par des personnes en état de mort clinique ou de coma avancé qui, une fois réanimées, racontent avoir vécu des expériences inhabituelles aux portes de la mort, suggérant l'existence d'une vie dans l'au-delà.


Le phénomène est connu en France sous le sigle EMI, pour Expérience de Mort Imminente. Dans les pays anglo-saxons, on parle de NDE, pour Near Death Experience.


De Platon aux services de réanimation


Depuis des milliers d'années, des personnes racontent être revenues d'entre les morts. Dans l'Antiquité, les philosophes grecs étaient déjà passionnés par cette question : Platon définissait la mort comme « le terme d'une vie terrestre et l'accès à un monde idéal ».


Ce n'est qu'au XXe siècle que les expériences de mort imminente sont devenues un sujet de recherches scientifiques. C'est dans les années 60 que les progrès de la médecine ont permis la réanimation — et c'est à partir de là que les témoignages se sont développés.


Des scientifiques, surtout des médecins, vont alors tenter de répondre à la question énigmatique qui se pose à l'homme depuis la nuit des temps : la conscience disparaît-elle avec la mort physique, ou survit-elle à la mort ?


Deux écoles

Sur cette question, il y a deux grandes écoles.

- La première a une vision matérialiste des EMI. On les appelle les matérialistes ou les sceptiques. Selon eux, la conscience est rattachée au cerveau, et les EMI sont donc des hallucinations dues à un dysfonctionnement cérébral.

- La seconde a une tout autre vision de la conscience. C'est celle sur laquelle nous allons nous pencher.


Les chercheurs qui ont fait avancer la question


L'un des pionniers de la recherche scientifique en la matière est le professeur Raymond Moody, professeur en médecine psychiatrique et docteur en philosophie. Il fait grand bruit en 1975 lors de la publication aux États-Unis de son livre La vie après la vie, où il communique le résultat d'une enquête menée auprès d'un grand nombre de personnes témoignant avoir vécu une expérience de mort imminente. Il a recensé depuis les années 70 des milliers de cas, et continue aujourd'hui encore à étudier cette question.


D'autres scientifiques ont poursuivi les recherches :

  • Eben Alexander, neurochirurgien et professeur dans les plus prestigieuses universités américaines, qui s'est penché sur la question après avoir lui-même vécu une EMI.
  • L'Université de Virginie, qui a créé une division de recherche pour tenter de prouver que quelque chose peut survivre après la mort.
  • En France, le médecin anesthésiste-réanimateur Jean-Jacques Charbonier, qui s'est spécialisé sur cette question.


Nous avons donc maintenant derrière nous, en parallèle de ce que racontent les croyants de tous bords, une quarantaine d'années de recherches scientifiques.


Le chemin parcouru lors d'une EMI


Une expérience que les mots ne suffisent pas à dire

La première chose que disent les témoins, c'est qu'il leur est très difficile de décrire leur expérience : il n'existe pas de mots justes pour décrire ce qu'ils ont perçu, tellement c'est différent de ce qui existe sur Terre.

« Ce qui s'est produit est difficile à expliquer. Pour dire une généralité, c'est que j'étais dans un état de perception très différent de ce qu'on connaît dans un état normal. »

Ils vont donc le raconter avec leur propre vocabulaire, celui qu'ils ont appris et connu dans leur vie, avec les mots qui appartiennent à leur culture. Et c'est un point capital : les recherches montrent que le contenu de l'expérience est semblable pour tous, mais que les mots pour le décrire sont fonction de la culture du témoin.


Voici le processus tel qu'il est vécu habituellement, même si tous ne l'ont pas vécu en entier.


1. La décorporation

La première chose que les personnes constatent, c'est qu'elles quittent leur corps physique, puis s'élèvent au-dessus de lui. On parle de décorporation.


De là, elles voient en dessous ce que les gens (médecins, infirmières généralement) essayent de faire pour les réanimer. Elles entendent ce qu'ils disent, mais pas comme avec nos oreilles classiques : plutôt comme par télépathie. Elles entendent « de cœur à cœur », aime dire Raymond Moody.


« Quand j'ouvre les yeux, c'est ça qui est incroyable : je me vois au-dessus, comme si j'étais collé au plafond. Je me vois au-dessus de mon corps, et puis je peux voir toute la pièce. C'est comme si toute la pièce était ma vue. C'est plus qu'à 360° : j'avais une vue sphérique. »


« Je voyageais dans l'hôpital, j'ai vu des dortoirs, la salle des infirmières. Et je suis revenu à ce moment-là dans la salle

d'opération. »

2. Le tunnel

À un certain moment, elles se rendent compte qu'elles semblent effectivement mortes. Puis elles se sentent attirées par un lieu qui ressemble à un tunnel sombre.

« Je me suis retrouvé debout dans un tunnel parfaitement cylindrique. Les parois n'étaient pas lisses, elles étaient couvertes de pavés, comme il y en a dans les rues des vieilles villes. Les parois avaient l'air humide et reflétaient une lumière extrêmement blanche, extrêmement vive, qui venait du fond du tunnel. C'est contradictoire, mais c'est une lumière très blanche, très vive, qui n'éblouit pas du tout. Et en plus de ça, c'était une lumière qui avait l'air — ça va paraître complètement fou — un petit peu vivante. Comme si c'était une présence. »

3. La lumière

Elles traversent le tunnel et ressortent de l'autre côté dans une lumière blanche, brillante, chaleureuse, pleine d'amour, quelque chose de beaucoup plus large et de beaucoup plus fort que tout ce qu'elles avaient expérimenté auparavant.


4. La rencontre avec les proches décédés

Elles rencontrent des proches décédés : grands-parents, oncles, amis. Ils sont là juste pour les accueillir, avec amour, de ce côté-là.

« Un personnage habillé en blanc, très lumineux, s'est rapproché de moi, comme s'il flottait légèrement au-dessus du sol. C'était une femme, avec une robe tout en voile blanc translucide qui descendait au ras de l'herbe. Quand elle a été à une distance où j'ai pu la reconnaître, j'ai reconnu Claudie. Claudie, c'était ma tante. »

5. La revue de vie

Puis la lumière devient de plus en plus brillante, de sorte que tout disparaît autour. Les personnes se retrouvent entourées comme par un paysage holographique. Ce paysage correspond à tout ce qu'elles ont vécu durant leur vie, qui repasse comme un film, à une vitesse incroyable. On appelle cela la revue de vie.


C'est quelque chose de difficile à exprimer avec des mots, car c'est un ressenti qui n'existe pas sur Terre. Les témoins disent que durant la revue de vie, le temps n'existe pas, et qu'ils ressentent et perçoivent non pas de leur point de vue, mais du point de vue de la personne avec qui ils étaient en interaction.


Si la personne revoit un acte malveillant qu'elle a fait subir à quelqu'un d'autre, elle va revivre cet acte comme si elle en était elle-même la victime. Et de même pour un acte positif.

« Je baignais littéralement dans un bain d'amour. C'était très léger, très doux, comme une sensation de dilatation, de symbiose parfaite. C'est tellement puissant et c'est tellement beau. Moi, j'appelle ça l'amour de Dieu — absolument pas par dogmatisme ni par religiosité. »
« Ce n'est pas chronologique. J'étais l'ensemble de la scène : j'étais le paysage, les choses, j'étais aussi toutes les personnes qui étaient témoins, et en même temps comme un tiers détaché de tout ça qui observait. Et on se rend compte qu'en fait ça n'a rien d'extraordinaire : ce sont des scènes de la vie de tous les jours. Un soir, je rentre et je fais couler un bain pour ma conjointe. Rien d'extraordinaire. Et pourtant, on m'a montré tout ce qu'il y avait comme énergie, comme amour dans cet acte-là, et tout le bien que ça peut générer. »
« La lumière ne me jugeait pas du tout. C'est moi qui jugeais mes actes. J'étais déçu par mon avarice d'amour, mon avarice à communiquer ce que je ressentais de bon. »

6. Le retour

Ensuite, elles retournent dans leur corps physique. Ce retour est très rapide, et elles ne savent pas vraiment comment il se fait.


Pour certaines, le retour a été imposé : il leur a été dit qu'elles devaient revenir, car elles avaient encore des choses à faire sur Terre. Fait remarquable : dans aucun des milliers de cas que Raymond Moody a étudiés il n'a été dit quelles étaient ces choses. Pas le moindre indice n'a été donné.


À d'autres, le choix de revenir ou non a été donné. Et toutes ces personnes disent que, pour elles-mêmes, elles seraient restées là-bas, tellement elles s'y sentaient merveilleusement bien. Mais la majorité ont fait le choix de revenir pour leur famille, notamment pour les enfants en bas âge dont elles devaient prendre soin.


Ce que les études ont constaté

Au-delà de cette description, trois constats ressortent des recherches.


Des souvenirs d'une fiabilité inhabituelle

Les souvenirs d'EMI sont très fiables et cohérents : ils se maintiennent dans la mémoire bien des années plus tard, et avec toujours autant de réalisme; bien mieux qu'un souvenir classique.


Le contenu ne dépend pas de la culture

Les EMI ne sont pas influencées par la culture du témoin. Même si les métaphores utilisées pour décrire sont propres à chacun, certains parlent de tunnel, d'autres de grotte, les composantes de l'expérience restent les mêmes.


Personne n'y est prédisposé

Il n'y a pas de personnes prédisposées à vivre une EMI : ni la culture, ni l'âge, ni le sexe ne prédisposent à cela.


Ce qui change, après

Ce qui apparaît aussi très clairement, c'est qu'après une telle expérience, ces personnes sont profondément affectées. Outre le fait d'être bouleversées par une expérience d'un réalisme surprenant, elles changent profondément leurs croyances et leurs attitudes.


Leurs croyances

L'expérience les amène à croire à la survie de l'âme après la mort. Certains athées se mettent à croire en un au-delà, avec une conscience supérieure dotée d'un amour universel — car durant leur EMI, elles ont ressenti un amour d'une puissance telle qu'elle n'existe pas sur Terre.

Depuis leur expérience, elles n'ont désormais plus peur de la mort, ou beaucoup moins, car leur expérience leur a montré que la mort n'est qu'un passage vers une autre forme d'expérience.

Elles sont aussi plus attentives aux autres. L'expérience accroît leur sentiment de compassion. C'est la revue de vie, en fait, qui leur a permis de prendre conscience à quel point leurs paroles et leurs actes peuvent faire beaucoup de mal aux autres.

« On ne sort pas indemne d'un événement comme ça. Je vis ma vie avec responsabilité, avec le sens profond de mes actes. Mes actes ont des conséquences, c'est très important. Je fais extrêmement attention à tout ce que je fais. »

Leurs attitudes

Avant l'expérience, ces personnes avaient des objectifs de vie classiques : réussir ses études, avoir un bon travail, une belle maison, du pouvoir, être reconnu.


Après, leurs objectifs sont profondément changés. Elles s'intéressent moins aux possessions matérielles, au pouvoir, au prestige, à la compétition. L'objectif essentiel de leur vie devient de vivre l'amour, tout simplement.


Peut-on parler d'une preuve de la survie de l'âme ?

Ces milliers de témoignages sont concordants. Mais est-ce pour autant qu'il faille en conclure qu'ils font office de preuve de la survie de l'âme après la mort ?


L'objection matérialiste : l'anoxie

Classiquement, les scientifiques que l'on appelle matérialistes ou sceptiques considèrent qu'en état de mort clinique, donc avec un électroencéphalogramme plat, il n'est plus possible d'avoir des perceptions sensorielles.


Or les personnes qui vivent une EMI ont des perceptions sensorielles, ce qui n'est plus remis en cause aujourd'hui. D'où proviennent-elles ?


C'est là que les sceptiques avancent leur principale explication : l'anoxie, c'est-à-dire l'absence d'oxygène dans le cerveau. Selon les tenants de cette explication, l'absence d'oxygène entraîne une série de perturbations dans la chimie du cerveau, qui provoquent des hallucinations.


Le constat honnête

Après des décennies de recherche, force est de constater que les méthodes de recherche scientifique qui existent actuellement et qui sont enseignées dans les universités sont insuffisantes pour décrire de façon objective un phénomène qui est vécu de façon subjective.


Mais même s'il n'est actuellement pas possible de prouver scientifiquement les expériences de mort imminente, il n'en demeure pas moins que le faisceau d'éléments concordants recueillis lors des recherches permet de se forger une intime conviction quant à la survie de la conscience hors du corps.


Les conclusions de quatre spécialistes


Raymond Moody :

Pour Raymond Moody, les objections faites par les sceptiques ne sont pas sérieuses, car elles n'expliquent pas tout le processus des expériences de mort imminente.


Si ce sont des hallucinations, comment expliquer que lors de la décorporation les personnes rapportent des informations matériellement vérifiables ? Et vérifiées, lors des études. C'est le cas de ce patient qui rapporte avoir vu le stylo tomber des mains de son médecin appelé à son chevet, alors qu'il était en état de mort clinique — ce qui s'avère exact après vérification. Ou encore de cet autre patient qui rapporte avoir vu une plaque métallique sous la table de réanimation :

« Quand j'ai été un peu mieux, je le lui dis. Il me répond : ça fait des années que je me sers de cette table, il y a un moulage dessous, je ne peux pas le voir. Il est parti vérifier, il est revenu dix minutes plus tard blanc comme neige. »

L'argument des expériences de mort partagée :

Si l'absence d'oxygène est en cause, cela suppose que seul le patient mourant puisse vivre l'expérience. Face à cet argument, Raymond Moody demande : comment expliquer alors le phénomène des expériences de mort partagée ?


Il arrive en effet que des témoins présents au moment de l'EMI d'un proche racontent des événements étonnants en lien avec celle-ci. Certains ont même vécu une expérience similaire de sortie du corps et d'élévation, allant parfois jusqu'à la revue de vie de la personne décédée. Cela arrive aux proches présents au moment du décès, mais pas seulement : un médecin raconte avoir été un jour submergé par les images de la vie d'un patient qu'il devait réanimer.


Pour Moody, l'objection ne tient donc pas : ces témoins étaient bien vivants.


Le cas du patient qui est allé prévenir sa femme

D'autres racontent que la personne morte est venue les voir pendant l'EMI, et leur a même parlé.

Un médecin raconte qu'un jour, alors qu'un patient était mort sur la table d'opération et qu'il réfléchissait à la manière d'annoncer la nouvelle à son épouse, celle-ci est entrée comme une furie dans la salle d'opération en criant que son mari n'était pas mort — car elle venait de le voir dans la salle d'attente, et qu'il lui avait dit de courir prévenir le chirurgien, qui le croyait mort alors qu'il ne l'était pas.

Le médecin, surpris, a alors repris la procédure de réanimation, et a réussi à ranimer le patient. Celui-ci a raconté par la suite qu'à la fin de l'opération, il avait compris que le médecin le croyait mort. Il avait tenté de lui dire qu'il ne l'était pas, mais le médecin ne l'entendait pas. C'est pourquoi il était allé voir son épouse dans la salle d'attente ;  elle, l'avait entendu.

Des histoires comme celle-là, il y en a des milliers.


La position de Moody

Moody considère que tous ces éléments concordants permettent de croire en la vie après la mort, car aucune autre explication n'est à ce jour suffisamment convaincante pour expliquer ce phénomène dans sa globalité.


Il est cependant conscient qu'à ce jour, les recherches sur les EMI ne font pas encore office de preuve scientifique.

Il pense que pour traiter cette question scientifiquement, il faudra développer des concepts et des méthodes nouveaux, mais aussi de nouvelles capacités mentales, car nos facultés actuelles ne sont pas suffisantes et notre logique classique est insuffisante.


C'est pourquoi il travaille aujourd'hui sur le développement d'une nouvelle logique, exposée dans son livre Donner du sens au non-sens.


En résumé, Moody considère que nous ne pouvons pas prouver la vie après la mort avec notre logique actuelle, mais que, preuve ou non, ces expériences ont en soi de la valeur, surtout du point de vue du deuil : elles aident beaucoup de gens à faire leur processus de deuil en leur donnant au moins l'espoir que la vie après la mort existe bel et bien.


Bruce Greyson : la mort est un changement d'état

À l'Université de Virginie, Bruce Greyson est directeur du département de médecine psychiatrique et directeur de la division d'études sur les EMI. Il a mis au point une méthodologie pour étudier les témoignages, méthodologie qui a été reprise par les chercheurs du monde entier.


Après une quarantaine d'années d'études scientifiques des témoignages, Bruce Greyson considère que les EMI suggèrent l'existence de la survie de l'âme après la mort. Comme Moody, il considère qu'aucune des objections avancées par les matérialistes ne peut à ce jour expliquer les EMI dans leur globalité.


Pour lui, la mort n'est pas une fin, mais un changement d'état.


Eben Alexander : la conscience est hors du cerveau

Eben Alexander est neurochirurgien. Il a passé les vingt-cinq premières années de sa carrière, comme il le dit lui-même, en scientifique matérialiste persuadé que la conscience est attachée au cerveau, jusqu'au jour où, à la suite d'une méningite bactérienne qui l'a plongé dans un coma profond en 2008, il a vécu lui-même une expérience de mort imminente.


Moody dit de cette expérience qu'elle est l'une des plus incroyables qu'il ait entendues, d'autant qu'elle provient d'un spécialiste du cerveau. Eben Alexander l'a racontée dans un livre devenu très rapidement un best-seller.


Depuis, il donne des conférences partout dans le monde et a cofondé un collectif de scientifiques spécialisé dans les recherches sur la science, la spiritualité et la nature de la conscience.


Selon lui, la conscience est extérieure au cerveau. Si elle n'est pas dans le cerveau, où se situe-t-elle alors ? Sa réponse : la conscience est non locale, délocalisée. Elle existe préalablement et indépendamment du cerveau. Le cerveau, quant à lui, bloque l'accès à la conscience : il joue un rôle de filtre.

Pour Eben Alexander, nous sommes tous connectés à une conscience universelle dans laquelle toutes les informations sont enregistrées.


Les outils d'Eben Alexander : les ondes cérébrales

Pour accéder à cette conscience supérieure sans passer par une expérience de mort imminente, il a cherché des outils en étudiant les ondes cérébrales.

On constate quatre niveaux d'ondes, qui s'activent progressivement :

1 - Bêta : L'état normal d'éveil. Le mental analyse, réfléchit.

2- Alpha : La relaxation, le calme. Atteignable juste en fermant les yeux et en se relaxant. On peut déjà commencer à voir des images mentales.

3- Thêta : La méditation profonde. C'est le niveau qui permet de recevoir l'information de la conscience universelle.

4- Delta : Le sommeil profond.

Eben Alexander travaille donc à chercher des outils pour atteindre le niveau 3.


Premier constat : la méditation.

Utilisée depuis la nuit des temps par tous les grands maîtres spirituels, de tous les milieux, elle permet d'obtenir des états de conscience modifiée et d'entrer dans des états d'expansion de conscience qui atteignent ce niveau 3. Un bon nombre d'expériences sur des méditants expérimentés sont probantes : elle permet d'arriver au même type d'informations que les expériences de mort imminente.


Second outil : le son.

Il constate que le son permet de moduler les ondes cérébrales et l'activité du néocortex. Il utilise des fréquences sonores qui synchronisent les deux hémisphères du cerveau, sur le modèle des travaux de Robert Monroe. C'est cette synchronisation qui favorise les expériences d'expansion de conscience.


Eben Alexander fait le même constat que Raymond Moody : nous ne disposons pas aujourd'hui de méthode de recherche scientifique suffisante pour prouver la survie de la conscience après la mort.


Mais pour lui, ces recherches lui permettent d'être convaincu que la mort est une transition, et qu'une réalité d'une splendeur parfaite nous attend dans l'au-delà, où existe une conscience supérieure emplie d'un amour indescriptible qui nous relie tous.


Jean-Jacques Charbonier : deux consciences

Le docteur Jean-Jacques Charbonier, médecin anesthésiste-réanimateur, travaille sur la question depuis le début de sa carrière. Il y a été confronté, comme beaucoup de médecins, par l'intermédiaire de ses patients qui racontent ce type d'expérience.


Pour lui, les progrès actuels de la médecine de réanimation ne laissent plus place au dogme matérialiste qui consiste à dire que la conscience est fabriquée par le cerveau. Il considère la date du 15 décembre 2014 comme historique pour la médecine française : la médecine a reconnu, dans une thèse de doctorat qu'il a dirigée, que pour expliquer les expériences de mort imminente, il y avait une possibilité d'existence d'une conscience extra-neuronale.


Ce qui est le plus frappant, et donc le plus convaincant pour Charbonier, c'est le phénomène de décorporation : comment expliquer que ce que les patients ont vu durant leur décorporation s'avère réel et vérifiable matériellement ?


Son postulat : il existe deux types de conscience.

  • La conscience analytique : celle qui est communément admise par tous les professionnels, celle que nous utilisons tous les jours pour analyser, réfléchir, apprendre. Elle a notamment pour rôle d'éliminer, de censurer les informations qui ne sont pas conformes à nos apprentissages. Celle-là, indique Charbonier, est bien fabriquée par le cerveau.
  • La conscience intuitive, ou extra-neuronale : qui se trouve hors du cerveau. Charbonier dit qu'elle correspond à ce que d'autres appellent l'âme, ou l'esprit. C'est elle qui permet d'avoir des perceptions extrasensorielles, telles que vécues lors des expériences de mort imminente.


Les outils de Charbonier : l'hypnose

Comme Eben Alexander, Charbonier a cherché des outils pour expérimenter ce concept autrement que par les expériences de mort imminente.


Le processus pour lequel il a opté est l'hypnose. Pourquoi ce choix ? Parce que l'hypnose permet de mettre en veille la conscience analytique, et de laisser la place à la conscience intuitive qui, elle, va accéder à l'information.

Il appelle cette pratique la Trans Communication Hypnotique (TCH), et la teste en sillonnant la francophonie pour y mener des ateliers collectifs, durant lesquels il guide des sujets volontaires dans ce processus d'hypnose pour tenter de leur faire vivre ce qui s'apparenterait à une expérience de mort imminente. Le but initial était de leur faire rencontrer des défunts pour faciliter le processus de deuil, car c'est selon lui cette rencontre avec les défunts qui marque le plus les expérienceurs.


Le premier bilan de ce tour, mené sur plus de 1500 personnes, montre qu'environ 65 % des personnes ont témoigné avoir vécu une expérience de type transcendantal.

Certaines racontent effectivement un contact avec des défunts. Mais Charbonier constate vite que l'expérience va bien au-delà : d'autres personnes racontent avoir vécu un déplacement dans l'espace — elles ont constaté quelque chose, sont allées vérifier après l'expérience, et la chose s'est avérée. D'autres se sont déplacées dans le temps, en allant notamment revisiter une vie antérieure. D'autres encore ont eu des prémonitions qui se sont réalisées. La liste est longue, les expériences sont très variées.


D'où viennent ces informations ?

Il est bien difficile de le dire, mais le docteur Charbonier évoque différentes hypothèses sur lesquelles d'autres chercheurs ont travaillé.


La télépathie, c'est-à-dire la transmission de pensée d'une personne à une autre. Il constate que ce sont surtout les femmes qui reçoivent le plus facilement des informations, provenant notamment de leurs enfants. Mais force est de constater que la télépathie n'explique pas tous les cas.


L'accès à une conscience universelle, comme le champ akashique d'Ervin Laszlo ou les champs morphogénétiques de Rupert Sheldrake : les informations auxquelles la personne accède proviendraient d'une source d'information dans laquelle tout est enregistré. Ce serait comme un énorme ordinateur, avec une grosse base de données contenant toutes les informations passées, présentes et futures.


L'accès au grand architecte, à Dieu, à la Source. Beaucoup d'expérienceurs disent avoir été en lien avec un amour inconditionnel, un amour qu'ils n'ont jamais ressenti sur Terre, même pour leurs propres enfants.

Charbonier constate aussi, comme Eben Alexander, que l'univers semble trop organisé pour être dû au hasard : si l'on faisait varier de 0,01 % les constantes de l'univers, comme par exemple la vitesse de la lumière, l'univers ne pourrait pas exister. Ce qui peut laisser supposer l'existence d'un grand architecte aux commandes. Einstein disait quant à lui : « Dieu ne joue pas aux dés. »


En résumé, pour Charbonier, ses études montrent que nous sommes tous reliés par des liens télépathiques, car nous pouvons tous envoyer et recevoir de l'information dans ce champ de conscience universelle, quel que soit le nom qu'on lui donne.


En résumé

Le processus classique d'une expérience de mort imminente est le suivant :

  • Les personnes quittent leur corps physique et s'élèvent au-dessus de lui.
  • Elles voient et entendent ce qui se dit autour d'elles.
  • Elles se rendent compte qu'elles sont sûrement mortes.
  • Elles passent comme dans un tunnel sombre.
  • À l'autre bout, elles ressortent dans une lumière blanche et chaleureuse.
  • Elles sont accueillies par des proches déjà morts, pleins d'amour.
  • La lumière devient de plus en plus brillante, tout disparaît autour, et elles font leur revue de vie dans un paysage de type holographique.
  • Puis elles retournent dans leur corps physique.
  • Elles sont ensuite profondément affectées dans leurs croyances et leurs attitudes.


Certains scientifiques se sont spécialisés dans les témoignages d'expériences de mort imminente. D'autres chercheurs utilisent les fréquences sonores et la méditation. D'autres encore, l'hypnose par expansion de conscience.


La conclusion qu'ils font est qu'aujourd'hui on ne peut pas encore prouver la survie de l'âme après la mort, mais que les éléments concordants recueillis au travers de toutes ces recherches permettent de croire en cette survie.


Le champ d'investigation reste encore énorme : la recherche scientifique n'en est de toute évidence qu'à ses balbutiements.


Pourquoi je me suis formée à l'hypnose régressive

Personnellement, toutes ces recherches scientifiques sur la survivance de la conscience après la mort sont parvenues à me convaincre. À tel point que, depuis, je me suis formée à l'hypnose régressive.


C'est grâce à cela que je permets à mes clients d'accéder à ce champ de l'information, à cette base de données énorme, à ce champ de conscience universelle. Et c'est tout un monde de découvertes surprenantes qui s'ouvre à eux.


Pour découvrir cette approche, vous pouvez consulter ma page sur l'hypnose spirituelle régressive, ou prendre rendez-vous pour une séance. Si vous souhaitez vous former à cette pratique, tout est expliqué sur la page de l'Institut Essencia.


Questions fréquentes sur les expériences de mort imminente


Qu'est-ce qu'une expérience de mort imminente ?

C'est une expérience vécue par des personnes en état de mort clinique ou de coma avancé qui, une fois réanimées, racontent avoir vécu des expériences inhabituelles aux portes de la mort, suggérant l'existence d'une vie dans l'au-delà.


Quelle est la différence entre EMI et NDE ?

Aucune : ce sont deux sigles pour le même phénomène. EMI est le sigle français, pour Expérience de Mort Imminente. NDE est le sigle anglo-saxon, pour Near Death Experience.


Qu'est-ce que la décorporation ?

C'est le fait, pour la personne, de quitter son corps physique et de s'élever au-dessus de lui. De là, elle voit ce que les médecins et les infirmières essayent de faire pour la réanimer, et elle entend ce qu'ils disent — non pas avec ses oreilles, mais plutôt comme par télépathie.


Qu'est-ce que la revue de vie ?

C'est le moment où tout ce que la personne a vécu durant sa vie repasse comme un film, à une vitesse incroyable, dans un paysage de type holographique. Durant la revue de vie, le temps n'existe pas, et la personne ressent les événements non pas de son point de vue, mais du point de vue de celui avec qui elle était en interaction.


Les EMI sont-elles des hallucinations dues au manque d'oxygène ?

C'est la principale explication avancée par les sceptiques : l'anoxie entraînerait des perturbations dans la chimie du cerveau, provoquant des hallucinations. Raymond Moody objecte que cette explication ne rend compte ni des informations matériellement vérifiables rapportées durant la décorporation, ni des expériences de mort partagée vécues par des témoins bien vivants.


Les expériences de mort imminente prouvent-elles la vie après la mort ?

Non, pas en l'état actuel des choses. Les quatre spécialistes cités s'accordent sur ce point : les méthodes scientifiques actuelles sont insuffisantes pour décrire objectivement un phénomène vécu subjectivement. Mais le faisceau d'éléments concordants permet, selon eux, de se forger une intime conviction quant à la survie de la conscience.


Les EMI changent-elles ceux qui les vivent ?

Profondément. Ces personnes n'ont plus peur de la mort, ou beaucoup moins. Elles deviennent plus attentives aux autres et plus compatissantes. Et leurs objectifs de vie changent : moins de possessions matérielles, de pouvoir, de prestige et de compétition ; l'objectif essentiel devient de vivre l'amour.


La suite : que se passe-t-il quand on ne revient pas ?

Ces expériences de mort imminente nous décrivent le chemin parcouru entre la sortie du corps et le retour dans le corps. Mais qu'en est-il lorsque nous ne revenons pas à la vie ? Où allons-nous ? Que faisons-nous ? Qui rencontrons-nous ?


Dans le prochain article, nous allons tenter de répondre à ces questions grâce aux travaux de spécialistes de renom tels que le docteur Michael Newton ou le docteur Brian Weiss, psychothérapeutes américains qui, pour soigner leurs patients de leurs maux quotidiens, se sont spécialisés dans l'hypnose régressive — et se sont retrouvés confrontés à des témoignages sous hypnose plus extraordinaires les uns que les autres sur ce qui se passe pour l'âme après la mort.


Un sujet passionnant, qui pourrait vous réconcilier définitivement avec la peur de la mort, car enfin vous aurez une idée de ce qui pourrait se cacher derrière le miroir.




Samia Guerry est praticienne en hypnose spirituelle régressive et en lecture des Archives akashiques, en cabinet près de Lyon ou à distance. Elle est l'auteure d'un livre sur l'entre-vie et fondatrice de l'Institut Essencia.





 

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